DENYS PUECH : Itinéraire d’un jeune bozoulais.

- Le 3 décembre 1854 Denys Puech naît à Gavernac,( commune de Bozouls) situé à mi chemin entre Bozouls et Gabriac .

Son père, Jean Puech, est propriétaire d’une petite ferme où il élève quelques brebis.Sa mère, Rose Guibert, plus instruite que son mari, sait écrire. Elle saura donner à ses quatre fils le goût de l’étude et l’envie de réussir.

Toujours encouragés, Louis , Denys et Germain feront tous les trois des études, malgré les humbles ressources de la famille. Louis devient avocat, débute une carrière politique. Il sera élu député, puis ministre. Germain exerce la médecine dans l’Aveyron et seul , Henri reste au domicile familial.
Très jeune, Denys sculpte le bois en gardant les moutons sur le Causse et se découvre une vocation pour la sculpture.

- En 1870 Jean Puech accepte de placer Denys comme apprenti chez l’artisan marbrier François Mahoux à Rodez. Le jeune homme se familiarise avec les matériaux.
- En 1872 après deux ans de formation intensive, il poursuit son apprentissage à Paris. Il fréquente l’atelier de François Jouffroy puis ceux d’Alexandre Falguière et de Chapu tout en suivant des cours du soir aux beaux arts.
- En 1876 il rencontre Louis Chabrier qui lui prodigue des conseils, lui procure les appuis nécessaires et le guidera durant 35 ans de fidèle amitié.
- En 1881 il obtient un beau succès avec le 2ème grand prix de Rome pour « Tyrtée chantant les Messéniennes ».
- En 1883 nouveau succès avec un 2ème grand prix de Rome pou « Diagoras mourant de joie en apprenant le triomphe de ses deux enfants vainqueurs aux Jeux Olympiques ».
- En 1884 Denys Puech atteint le but tant convoité avec le grand prix de Rome pour « Mezence blessé
». C’est pour lui la clé de la réussite qui lui permet ainsi d’obtenir des commandes de l’état et commencer une carrière officielle.
- En 1885 il est pensionnaire à la villa Médicis et profite de son séjour pour découvrir les hauts lieux de l’art italien : Assise, Florence, Venise, Naples… Il présente au concours une allégorie de « La Seine » qui obtient un vif succès auprès du jury de l’Académie. L’état s’en porte acquéreur et la place au musée du Luxembourg.
- De 1886 à 1888 les trois envois suivants n’auront pas le même retentissement sur la carrière malgré le succès de la « Muse d’André Chénier » en 1886. La « Sirène » en 1887 et la « Vision de Saint Antoine de Padou » en 1888 passeront davantage inaperçus mais toutes les oeuvres exécutées à la villa marqueront par leur force et leur maîtrise d’exécution par rapport à d’autres envois.
- En 1892 il pénètre dans le milieu de la politique par l’intermédiaire de son frère Louis. Il y rencontre notamment Emile Maruejouls, homme politique aveyronnais qui lui fournira un appui efficace pour mieux se faire connaître. Denys Puech obtient des commandes officielles : bustes, monuments, bas-reliefs…. Il effectue un voyage en Turquie et en Egypte.
- En 1903 le projet de musée à Rodez prend corps, Denys Puech souhaitant créer « un sanctuaire d’art aveyronnais ». Le musée sera construit grâce à l’aide de ses amis et de la municipalité.
- En 1905 il est élu à l’institut , il en est le plus jeune membre.
- En 1908 il reçoit la légion d’honneur, épouse la princesse Gagarine Stourdza, elle même artiste-peintre. A la fin de la guerre, elle s’improvisa infirmière, contracta auprès des blessés une grave maladie qui l’emporta très vite.
- En 1910 a lieu l’inauguration du musée Denys Puech à Rodez.
- De 1921 à 1933 Denys Puech mène parallèlement sa carrière de sculpteur et celle de directeur de la Villa Médicis à Rome. Il relance les expositions annuelles des envoies des pensionnaires qui avaient eu leur succès au 19è siècle.
- En 1925 a lieu l’inauguration du Monument de la Victoire à Rodez, alors situé place d’armes. Al suite de l’hostilité rencontrée lors de l’édification du monument, Denys Puech n’interviendra plus en tant qu’artiste dans sa ville, sauf pour des commandes privées.
- En 1942 au cours des dix dernières années de sa vie, il s’est peu à peu retiré dans une vie spirituelle et religieuse. Il s’éteint en décembre 1942, après une calme retraite aveyronnaise. Il reçoit des obsèques solennelles et de nombreux hommages officiels et personnels, mettant en évidence sa célébrité.

Il voua à son Aveyron natal un respect qui ne s’est jamais démenti En témoigne l’énergie qu’il consacra à l’édification du musée de Rodez qui porte son nom. Inauguré durant l’été 1910, le musée présentait une grande partie de l’œuvre sculpté de l’artiste.
Il avait souhaité que la peinture soit aussi à l’honneur. Il avait dédié le musée aux artistes qu’il encourageait. Cette vocation d’accueillir la création contemporaine, et particulièrement la sculpture, est restée intacte en hommage au fondateur du musée.

Ses traces à Bozouls :
- à l’église moderne Saint Pie X à droite du chœur statue de la Vierge
- Sur l’Allée Paul Causse monument à la mémoire des Frères Puech, Denys et Louis, sobre et simple. Une stèle de granit bleuté où est scellé un médaillon de bronze vert.
- Sur la place de la Mairie monument aux morts inauguré en 1920. Conçut pendant la guerre de 1914-1918 par M Camviel. Sur la face de la stèle de pierre, tourné vers le trou, un soldat casqué, tenant son fusil des deux mains barre la route à l’ennemi. Derrière lui,à peine dégagée de la pierre, une victoire brandit une couronne. Sur les trois autres côtés de la stèle, 284 noms sont gravés, auxquels sont venus s’ajouter ceux des victimes de la guerre1939-1945 et de la libération.


RAOUL CABROL : Un grand artiste au grand coeur

Raoul Cabrol est né le 12 mars 1895 à Curlande (commune de Bozouls) dans une maison encore existante sur le bord de la route. Né d’un père, postillon de diligence et d’une mère très jeune, Marie Monjaux, Raoul Cabrol vit de façon modeste. Après ses études à Rodez , il part pour Paris à l’âge de seize ans.
Il crayonne des portraits aux terrasses des cafés et exerce de menus travaux pour survivre.
Quelques dates importantes :
- En 1918 il épouse la jeune « Bertine »âgée de dix sept ans.
- En 1920 il passe son premier dessin au « Journal du Peuple » ; sa grande carrière journalistique commence.
- En 1921 il organise sa première exposition : 110 caricatures et dessins sont rassemblés et présentés sous le titre : « Masques et Sourires ».
Le ministre de l’Instruction publique préside au vernissage. L’exposition remporte un très vif succès et Cabrol est lancé.
Les portes des rédactions s’ouvrent : Le Petit Parisien, le Matin, L’Intransigeant
Les journaux étrangers le sollicitent : Le New York Times, Life, The Graphic, The Sketch, Berliner Illuster, Le Soir de Bruxelles.
- En 1926 appellé par Vaillant- Couturier il renonce à toutes ses autres collaborations pour entrer à « l’Humanité » et suit les grands procès, les évènements politiques mondiales, les manifestations artistiques et sportives.
- En 1939 il donne sa démission et collabore au « Canard enchaîné » et à « L’œuvre » d’avant la défaite. Recherché par la gestapo pour sa fameuse caricature d’Hitler , il se réfugie à Rodez, participe à la Résistance aux côtés du Docteur René Lachet. Après la guerre, il entre à « Franc Tireur » et revient au « Canard enchaîné ».
- En 1947 il publie aux anciennes éditions Atlas, un ensemble de 32 caricatures et intitulée « En quatrième ». Sa carrière brillante se poursuit et il n’est guère de journal dans le monde qui n’ait publié un de ses dessins ; et toujours dans un souci de l’œuvre soignée.
- Le 13 septembre 1956 il meurt dans sa maison de Quincy-sous-Sénart.
Un homme de cœur, surnommé familièrement « Le Père Cazes », propriétaire de la brasserie Lipp , fondateur du prix littéraire qui porte son nom et président de la société « Les Amis de Cabrol » avait mis sur pied une exposition à l’ancienne Maison du Rouergue à Paris en 1957. Cette rétrospective avait été intitulée « De la IIIè à la IVè ».
Durant trois ans, une exposition itinérante des dessinateurs du « Canard enchaîné » présenta à travers la France et la Suisse des dessins de Cabrol.

Cet artiste de grand talent, portraiturant une époque, moraliste dosant l’acide et le miel, cruel pour les génies du mal, mais si pittoresque pour d’autres qu’il « chargeait » avec tant de fantaisie. « Art de vérité, art de combat, art de visionnaire aussi car les caricatures de Cabrol sont souvent plus qu’un réquisitoire, elles projettent dans l’avenir la destinée de sa victime » ( le poète P. Loubière ).

En 1988 Bozouls a souhaité rassembler la plus grande partie de la collection de dessins laissés par Cabrol pour réaliser une exposition et mettre en valeur un œuvre inestimable qui fut, avec une sensibilité exquise , un grand témoin de son époque et qui a su transcrire son interprétation des évènements et des personnages par l’art de la caricature.


ADOLPHE BOISSE : un aveyronnais méconnu

- Né à Rodez le 1er septembre 1810 dans la maison Renaissance de la place du bourg ( maison de l’annonciation).
Ingénieur, directeur des mines de Carmaux, député, sénateur, chercheur passionné (archéologie) géologie, agriculture…)
- En 1870 il publie son œuvre maîtresse « l’Esquisse Géologique de l’Aveyron » et « l’Atlas Physique et Statistique de l’Aveyron ». Ces deux publications ont été couronnées par la médaille d’argent du Congrès scientifique de France en 1874.
- Adolphe Boisse est devenu bozoulais en s’installant au château du Colombié sur les flancs du Puech du Jou où ses longues promenades le conduisaient régulièrement.
- Sa carrière et son œuvre sont immenses et riches :
- Gestionnaire et social : il développe les mines de Carmaux en n’ayant de cesse que de travailler à l’amélioration de la sécurité des mineurs.
- Inventeur : il met au point un appareil respiratoire ( scaphandre) pour permettre aux équipes de sauvetage de pénétrer dans les mines remplies de gaz irrespirables. Il construit une pompe en eau de la chaudière des machines à vapeur dans le but de supprimer les explosions aux conséquences catastrophiques.
- Ingénieur : il étudie et exécute le chemin de fer de Carmaux à Albi et trace la liaison Rodez-Toulouse.
- Agronome : il expérimente et implante en Aveyron la technique du chaulage.
- Curieux et vulgartisateur : membre puis président de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron, il n’y à guère d publications à laquelle il n’apporte pas sa contribution : archéologie, météorologie, études de météores, questions agricoles, géologie, transports, chemin de fer.
- Travailleur infatigable, esprit méthodique Adolphe Boisse a réalisé une œuvre considérable et d’une exceptionnelle envergure où il a abordé les problèmes techniques, économiques et scientifiques les plus variés.