Un peu de Géologie :

VOUS ETES SUR LE CAUSSE DE BOZOULS,SUR LA RIVE DROITE DU DOURDOU …

Le Causse de Bozouls prolonge, au Nord de la vallée du Dourdou, le Causse Comtal proprement dit.*1
Le Causse Comtal est un plateau calcaire d’une altitude moyenne de 550 mètres et d’une superficie d’environ 200 km2 qui occupe, avec le Causse de Séverac plus à l’est, l’entité géologique dite du Détroit de Rodez.

Installé dans un ancien fossé d’effondrement, entre les massifs primaires (vestiges du plissement hercynien) du Rouergue au Sud et de la Viadène au Nord, ce détroit reliait, à l’ère secondaire, les grands golfes marins occupés aujourd’hui par les Causses du Quercy à l’Ouest et par les grands Causses majeurs au Sud-Est (Sauveterre, Mejean, Noir, Larzac).
Pendant des millions d’années, au fond de la mer, peu profonde, s’accumulent sur le « socle » métamorphique (mica-schistes, gneiss) ou sur des sédiments déjà en place (carbonifère, grès rouge ou pernien) des couches de sédiments marneux puis calcaires du Jurassique inférieur et moyen (200 à 170 millions d’années). *2

Au cours de la deuxième phase de l’ère secondaire, un soulèvement général très lent se produit, provoquant l’émersion des couches calcaires. Une érosion intense rabotera progressivement ces régions pour les réduire à l’état de pénéplaine.

Les gigantesques plissements de l’ère tertiaire faisant surgir les Pyrénées puis les Alpes, affectent aussi le Massif Central en particulier la partie Sud et le rebord Est.
Coincés entre les terrains anciens encaissants plus résistants, les Causses se disloquent en blocs séparés par des lignes de fractures ou « failles » (orientées Est-Ouest sur les Causses de notre région)
La partie septentrionale du Causse Comtal est également concernée par les phénomènes volcaniques de la fin de l’ère tertiaire (miocène 7 à 6 millions d’années) comme en témoigne la série de collines basaltiques égrenées sur la rive gauche du Lot (Puech de Vèbre, Puech de Joux, Monts de Roquelaure 804 mètres...)

L’érosion poursuit son inlassable travail d’usure et de déblaiement, tant à la surface du Causse qu’en profondeur, donnant au paysage son aspect actuel, désolé et aride sur les parties calcaires (genévrier, chêne pubescent rabougri) plus verdoyant sur les parties marneuses (chêne pédonculé) et une étonnante richesse en phénomènes karstiques: dolines (cuvette), « tindouls » (avens), pertes, grottes (près de 200 cavités pénétrables) exurgences ou résurgences.

Au pied de l’Aubrac et de la Viadène, le Lot installe sa vallée dans une étonnante variété de terrains basaltiques, calcaires,gréseux, schisteux, granitiques isolant des lambeaux du plateau calcaire sur sa rive droite.
Le rebord Nord du Causse Comtal domine cette vallée entre Biounac et Estaing.

De son côté le Dourdou (sur le plateau) suit un cours à peu près parallèle à celui du lot. Un peu en amont de Bozouls, il rencontre les couches calcaires dans lesquelles il va inscrire des méandres de plus en plus prononcés. L’intense activité tectonique de la fin du tertiaire et la surrection importante du Massif Central du début du quaternaire vont provoquer l’encaissement brutal et la création des gorges.
La reculée ou Canyon de Bozouls encore appelée « Trou de Bozouls » doit prendre alors sa forme actuelle (en fer à cheval) .*3

* 1 Causse Comtal signifie Causse du Comte (de Rodez) à rapprocher de Villecomtal, Cassagnes, Comtaux...
* 2 Le trait d’union calcaire entre les grands Causses du Sud-Est et de l’Ouest n’est plus aujourd’hui continu. A l’Ouest du Causse Comtal on trouve de petits Causses isolés comme les Causses de Lunel, Montbazens...
* 3 Y. Boisse de Black, dans son étude du Détroit de Rodez évoque l’éventualité d’un cours d’eau souterrain du type de celui de Bramabiau dont le plafond se serait écroulé et aurait laissé place après déblaiement des matériaux par l’érosion au Canyon de Bozouls. Cette éventualité, très contreversée,est pratiquement écartée de nos jours.



- sentier botanique :

Mis en place chaque année de Juin à Septembre par les membres du club nature, ce sentier botanique permet au promeneur d’identifier dans les gorges du Dourdou, près de 100 espèces différentes ( arbres, arbustes, plantes herbacées, fougères) à l’aide de petits panonceaux plastifiés portant outre le nom français et le nom latin, les principales caractéristiques de la plante et des croquis à l’encre de chine.

Le principal intérêt du parcours, situé dans un cadre très pittoresque, vient du fait que l’on y trouve réunies outre les traditionnelles espèces des plateaux calcaires, (prunellier, fusain, troène, viorne lantale... ) celles qui recherchent les lieux humides ( aulne, dorine, lysimaque) les parois ensoleillées ( orpin , giroflée) ou ombragées ( scolopendre, capillaires) les talus, les fossés ou les décombres.

Il est recommandé d’effectuer le trajet, le matin de bonne heure ou en fin de journée, afin d’éviter les heures étouffantes de la mi-journée et de prendre un plus grand plaisir à s’arrêter quelques instants devant un somptueux parterre de géraniums sanguins .. ou tout simplement à regarder les falaises s’illuminer aux rayons du soleil.

De plus à ces heures-là, le promeneur discret aura la chance de pouvoir observer, dans leur milieu naturel des représentants de la faune locale :

Les oiseaux des falaises : Le choucas des Tours, le faucon crécerelle, l’hirondelle des roches...

Les oiseaux des ruisseaux : Le cincle plongeur, le martin pêcheur, la bergeronnette, le héron cendré...

Mais aussi l’écureuil, le rat musqué, le putois, la couleuvre vipérine, le crapaud accoucheur sans parler de la faune purement aquatique.

- circuits pédestres :

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- le Dourdou :
le Dourdou de Bozouls ( ou de St Cyprien ) a un homonyme dans le Sud Aveyron : le Dourdou de Camarès qui curieusement, comme lui, draîne un bassin où les terrains du Rougier sont largement représentés ce qui explique qu’au moindre orage l’un comme l’autre voient leurs eaux prendre une belle couleur « chocolat » qui contraste avec la couleur plus laiteuse des eaux issues des nombreuses résurgences karstiques qui les entourent.


Né près de Lassouts, notre Dourdou arrose successivement Cruéjouls, Gabriac, Bozouls, Villecomtal, St Cyprien, Conques, avant de rejoindre le Lot près de Grand Vabre ; passant d’une large Vallée à un profond canyon entaillé dans le calcaire à partir de Bozouls , pour retrouver un large bassin vers St Cyprien et enfin d’étroites gorges schisteuses dans son cours inférieur. Presque à sec en été , ses crues soudaines sont impressionnantes, surtout dans le trou de Bozouls où le murmure des eaux se transforme soudain en un grondement assourdissant.


- Fontaine des fées : ( ou des folles ) En occitan « Fon de las fadas », le terme « fada » pouvant désigner aussi bien une fée qu’une folle. Il s’agit en fait d’une résurgence intermittente qui ne coule qu’en période de grandes pluies au beau milieu de la falaise en une belle cascade se divisant en une sorte de delta vertical avant de rejoindre le Dourdou.

Est-ce le bruit ou l’aspect fantasmagorique que les eaux laiteuses donnent à la chute dans la pénombre du crépuscule, qui ont donné son nom à cette mystérieuse fontaine ? Nul ne le sait très exactement.

- grottes des anglais ou de la « Gachette »: altération probable du mot « cachette ». Elle aurait servie de cachette entre autre, à un prêtre réfractaire pendant la révolution.


- cascade du Gourg d’Enfer
: A la recherche de son profil d’équilibre, le Dourdou est en train d’user ici le dernier dénivelé important de son cours en une belle cascade au pied de laquelle s’étend le gouffre semi-circulaire dit du « Gourg d’Enfer » qui donne aussi son nom à l’ensemble du site.

- l’ancien village des lépreux : Situé loin en aval de Bozouls, après la nouvelle station d’épuration, au pied de la falaise dite « Roc de Murat ».
Peu de vestiges, si ce n’est une petite plaine alluviale aujourd’hui envahie par la végétation près du Dourdou, et encore appelée le jardin des lépreux.