A LA LOUBIERE :

Le territoire de la commune est habité depuis la préhistoire ; dolmens, tumuli construits entre 4000 et 2500 avant J-C en témoignent ( Lioujas, Campeyroux, Ortholès )

De l’époque gallo-romaine subsistent quelques traces de fondations d’un bâtiment sur le Causse Comtal et de multiples fragments de tuiles (tegulae ).

L ‘époque mérovingienne nous a laissé un cimetière barbare à Pessens, des sarcophages à Cayssac et une tombe double creusée dans le rocher à Lioujas.

A la Loubière, l’église d’origine romane ( bel appareil et ancien encadrement de porte en grès rouge sur la face sud ) a subi beaucoup de transformations. Au XIV è s. une tour fut édifiée au dessus du chevet afin de créer un refuge fortifié pour les villageois. Ces « pièces refuges » existent toujours dans le clocher actuel.


L’église primitive de Cayssac appartenait au Comte de Rodez avant qu’il n’en fasse donation à la fin du XII è s. à l’abbaye cistercienne de Nonenque ( près de St Affrique ) qui marqua de ses constructions ce territoire.
Vous découvrirez, en contrebas de la route, une remarquable fontaine romane ( XIIè s.) à l’architecture exceptionnelle réservée d’habitude aux églises. Elle est protégée comme Monument Historique inscrit depuis 1933. Serait – elle le seul vestige d’un prieuré disparu ?

A la même époque les moniales cisterciennes établirent une grange monastique à Lioujas. Progressivement fortifiées à partir du XIV è s, pour se protéger des incursions des anglais installés dans le Cantal, les granges monastiques connurent un certain développement dans le nord du Rouergue. Après remaniement au XVIè s. le « domaine de la Grange » à Lioujas prend son aspect actuel. Quatre bâtiments forment une cour intérieure entourée de galeries, l’entrée se faisant par un portail surmonté d’une tour défensive à mâchicoulis ouvragés.

Au XV è et XVI è siècles l’église de Cayssac fut marquée par le style gothique, qu’on lui connaît encore aujourd’hui, sous l’impulsion de la famille de Roquefeuil dont plusieurs femmes ont été abbesses de Nonenque ( armoiries en clefs de voûte ).

Au vieux village caussenard d’Ortholès vous apprécierez les intéressants bâtiments de l’ancien château. Un corps de logis à échauguette et des granges traditionnelles ceinturent la tour seigneurie du XVI è siècle, dont l’intérieur a été transformé en chapelle en 1868. Citée dès le XIII è siècle, la seigneurie fut vendue à plusieurs reprises au cours des siècles.

En parcourant les sentiers et les villages de la commune, vous pourrez apprécier la diversité des paysages ( Causse, Vallée, piémont des Palanges ) et la richesse architecturale des villages. Ce terroir est aujourd’hui lié à des élevages ovin et bovin dominant, avec prairies artificiels et cultures céréalières.
Il n’en fut pas toujours ainsi et les noms de lieux nous renseignent sur les spécificités de tel ou tel secteur. Ainsi le village de Canabols tire son nom de canabieyra = chènevière en occitan
( lieu de culture de chanvre ) ; ort = jardin, est peut- être l’orIgine d’Ortholès, village où l’on dénombre de très nombreux jardins clos de murets. Campeyrous et ses champs pierreux caractéristiques du Causse et de ses devézes ; La Prade, prairies au bord de l’Aveyron ; le chemin des vignes à La Loubière ….
Nous ne quitterons pas ce village qui a donné son nom à toute la commune sans évoquer la peur du loup qui vécut jusqu’en 1900 dans la vaste forêt des Palanges toute proche.
La Loubière, luperia en latin est à rapprocher de luperri ( louvetier chargé de la destruction des nuisibles. La louveterie instituée par Charlemagne, officialisé par François Ier , existe encore de nos jours….

Texte rédigé par Eric Gross, responsable de la section pierres sèches du Foyer Rural de La Loubière et délégué de l’association « Maisons Paysannes de France » ( initiation sur le terrain à la construction et restauration de murets en pierres sèches.